Un début 2020 très féminin chez iesMed : portraits croisés des trois nouvelles recrues

En ce début d’année 2020, I’équipe d’iesMed se renforce considérablement avec trois nouveaux membres, exclusivement des femmes (localisées à Barcelone, à Tunis et à Paris). IesMed compte sur ce changement d’échelle pour faire face aux nombreux enjeux auxquels la coopérative se trouve confrontée. Voici les portraits de Sonia Ben Yahia, directrice du programme ProgRESS Tunisie (Tunis), Anaël Le Bihan, responsable du Développement de la coopérative (Barcelone), de Sofia Farhat, chargée de communication et partenariats (Paris).

> Qui êtes-vous ?

Sonia Ben Yahia : Je suis femme, tunisienne, passionnément attachée à mon pays et mère d’un grand jeune homme qui attaque sa vie universitaire. J’ai longtemps travaillé dans le privé « classique » (pub, com, édition) avant de m’écouter et de changer de chemin. Besoin d’éthique, de sens, de citoyenneté, comme tant d’autres personnes de ma génération ou des suivantes, un besoin que j’ai en partie assouvi dans le militantisme local, dont « Marsa change ». Les problématiques éducatives me parlent particulièrement : absolument tout part de là.

Anaël Le Bihan : Je suis française, installée à Barcelone depuis cinq ans. Je travaille depuis 2015 dans la coopération internationale en Méditerranée. Mon début de vie professionnelle a été principalement orienté vers le montage et la gestion de projets, financés notamment par des programmes européens. D’un point de vue personnel, mes missions humanitaires et droits de l’Homme (Argentine), m’ont permis une immersion dans différents environnements culturels. Mon bénévolat auprès de mineurs isolés étrangers et ma participation active dans la vie associative ont conforté ma volonté de travailler au cœur des problématiques socio-économiques.

Sofia Farhat : Je suis, à 25 ans, la plus jeune de l’équipe. Gréco-libanaise, je réside à Paris depuis six ans. Avant de débuter en tant que chargée de communication chez iesMed, j’ai exploré différents univers : j’ai été chargée d’études en géopolitique (Moyen-Orient, Afrique du Nord), journaliste et traductrice. Je suis aussi polyglotte et les langues me passionnent : je parle grec, arabe, anglais, français, espagnol et j’apprends actuellement le persan.

> Pourquoi avoir choisi iesMed?

SBY: Une combinaison de hasard et d’évidence. L’économie sociale et solidaire est, avec la démocratie locale justement, l’une des rares fenêtres qui nous restent pour croire à un avenir en Tunisie, après tant de désillusions. Et iesMed occupe une place à part dans un paysage encore clairsemé. On y trouve les experts les plus pointus, une indépendance totale -d’ailleurs payée très cher- et une volonté féroce de faire bouger les lignes économiques et sociales, en Tunisie et ailleurs. J’ai beaucoup à y apprendre… et à y faire!

SF: Une combinaison de hasard et d’évidence également, comme l’a très bien résumé Sonia ! J’ai fait la rencontre de Rodérick, fondateur d’iesMed en septembre 2019, lors du Forum de la Mer à Bizerte (Tunisie) où la coopérative avait monté un panel Économie bleue solidaire. Nous avions gardé le contact et, quand il m’a expliqué ce qu’était l’économie sociale et solidaire, je me suis immédiatement sentie concernée par ce modèle. Mais ce qui a été réellement décisif, c’est d’apprendre que la finalité d’iesMed est de développer l’ESS en Méditerranée, une zone qui m’est particulièrement chère en raison de mes origines.

ALB: J’ai fait ce choix parce que j’affectionne tout particulièrement la Méditerranée d’une part, les valeurs de l’ESS, d’autre part et je désire contribuer utilement à la combinaison des deux. En intégrant l’équipe d’iesMed, qui est un acteur clé de de l’ESS sur la Région, j’ai l’occasion d’ouvrir de nouveaux horizons, en mettant à profit tant ma formation universitaire que mes précédentes expériences professionnelles. Ma licence de Droit et mon Master en Management et Ingénierie du Développement des Territoires en Europe m’ont apportée des prérequis nécessaires pour appréhender le métier de Responsable du développement.

> Quels sont vos rêves respectifs ?

SBY: Mon rêve à moi est que tous les enfants de la Tunisie, quelles que soient leur ville, leur localité ou leur quartier, puissent accéder, dans la dignité et l’équité, à des services de qualité: éducation, santé, loisirs, formation, emploi…Mon utopie ? L’égalité des chances. Inégalités et corruption nous tuent, il faut reconstruire une morale de la citoyenneté. L’ESS doit y contribuer puissamment…

ALB : Quant à moi, je souhaite aujourd’hui participer à la construction de projets incluant les trois rives de la Méditerranée. Il est indispensable de privilégier la construction collective des projets, la mise en débat des points de vue. Les premiers experts de la région sont ses habitants, les méditerranéens. Je suis convaincue que les notions de pérennité et d’efficience des projets doivent être interrogées. Enfin, l’efficacité doit nous guider dans la mise en œuvre des projets. Le développement de la Méditerranée passe par une biodiversité économique : il n’y a pas qu’une façon de faire de l’économie. Ce sont les messages récurrents qu’envoie la société civile.

SF : Je souhaite tout simplement prouver que la Méditerranée en tant qu’espace cohérent existe. Que ce soit à Athènes, à Beyrouth, à Tunis, à Barcelone… Je veux prouver que cette continuité que je ressens à chaque fois que j’atterris dans une ville méditerranéenne est réelle et qu’on gagnerait beaucoup à la consolider. C’est pourquoi aujourd’hui iesMed m’aide, en parallèle, à développer mon projet personnel, celui de la création d’une structure artistique et culturelle qui mettrait en valeur la cohérence de l’espace méditerranéen.

Deixa un comentari